jeudi 2 avril 2015

Une vie...

Pour répondre à quelques sollicitations, voici le résumé de ma carrière professionnelle. 

Depuis mars 2015, mes activités se tournent vers le conseil dans le domaine maritime.

Formation
Ingénieur Ecole navale, promotion 1979
Auditeur du CHEDE 11 (2014)
Doctorant depuis 2012 à PAris8 - Saint Denis : "Impacts socio-économiques des énergies marines renouvelables, cas particulier de l'énergie thermique des mers"


Carrière militaire
De 1979 à 1998 puis de 2010 à 2015 : Officier de Marine, Marine Nationale
Fonctions occupées en activité :
> De décembre 2012 à février 2015 : adjoint au chef de bureau Action de l'Etat en mer (état-major de la
Marine), chargé de l'économie maritime (conférences Sorbonne, Sciences Po...) et des relations
internationales (audits et missions en Libye, Tunisie, Ouganda, Jordanie, Canada).
> 2010 - 2012 : Réintégré en activité. Chargé de mission au SG mer (voir rubrique suivante)
> 1988 - 2010 : Congé exceptionnel puis retraite. Nombreuses missions en tant que réserviste
opérationnel
> 1982 – 1988 : différentes affectations embarquées et à terre
> 1981 – 1982 : Officier-élève à bord du porte-hélicoptères Jeanne d'Arc
> 1979 – 1981 : Elève-officier à l'École navale (Brest).


Service du Premier ministre
De février 2010 à novembre 2012 : secrétariat général de la mer (SGMer)
Chargé de mission
Responsable du périmètre de l'économie maritime, dans une fonction interministérielle et transverse
– Définition des politiques économiques maritimes
– Mise en application et suivi des décisions du Comité Interministériel de la Mer (CIMER), du Livre
Bleu, portant stratégie nationale pour la mer et les océans, et préparation du CIMER
– Relations avec les industriels et les acteurs du secteur maritime, dont les pôles Mer, les
organismes financiers, et les fédérations professionnelles (transport maritime, ports, plaisance,
construction navale, pêche, vie des gens de mer)
– Développement des énergies maritimes renouvelables
– Développement de la compétitivité du secteur naval
– Élaboration et maîtrise d'ouvrage de la campagne nationale de sécurité des loisirs nautiques

Cabinet du ministre de la Défense
D'avril 2005 à mars 2007 : délégation interministérielle aux restructurations de Défense (DIRD)
Chargé de mission
Élaboration et mise en oeuvre de la politique de rayonnement des actions du délégué interministériel aux restructurations de Défense pour valoriser la dynamisation économique et sociale des territoires touchés par les restructurations de Défense, dans une démarche de partenariat du développement local.

De septembre 2003 à décembre 2004 : mission interministérielle du 60ème anniversaire des débarquements et de la Libération de la France
Directeur de la communication
Élaboration et coordination des actions de communication pour la célébration des Débarquements et de la Libération de la France en 2004 au sein d’une mission interministérielle :
– Correspondant permanent des cabinets de l’Elysée, de Matignon et des principaux ministères, y
compris Tourisme et Conservatoire du Littoral
– Supervision des acteurs locaux (préfectures, mairies).
– Gestion des événements et partenariats (parrainages de prestations, création de produits).
– Accompagnement de la presse nationale et internationale (avec la DICoD et le SIG) et des
productions d’émissions télévisées spécifiques.


Entreprises du secteur privé
D'avril 2007 à février 2009 : Fenomen International 
Directeur de projet
Conception et maîtrise d'ouvrage du plus grand catamaran à voile de plaisance (60 mètres), marché de la
Grande Plaisance
– Rédaction du cahier des charges
– Pilotage de l'équipe d'architecture et du développement des outils de commercialisation.
– Consolidation financière des acteurs (architecte, chantier)
– Relations institutionnelles

De juin 2001 à décembre 2002 : VEOLIA Water/Générale des Eaux 
Directeur adjoint de la communication
Élaboration et mise en oeuvre de la stratégie de communication corporate multimédia pour la France et l’International.

De janvier 2000 à mars 2001 : Ashtay Teppey Conseil
PDG, Fondateur
Création à Tours d’un cabinet de conseil stratégique en communication corporate et en NTIC pour PME, collectivités (ACFCI, Chambre de Commerce de Touraine, Campagne Municipales 2001) et quelques grandes structures (Marine nationale, Office International du Vin…). Partenaire de France Télécom.

De 1989 à 1999 : Directeur adjoint de la formation, OTIS France ; Directeur de clientèle, NICKEL, groupe BDDP ; Directeur Grands Comptes Compagnie Radio Maritime; Directeur Marketing et développement, IPSIC ;Directeur de clientèle, The link groupe HAVAS.


Auteur

Nombreux articles de presse

Publications : 
– Pilote de mer, roman, Cent Mille Milliards, 2014, Prix Marine et Océans 2014










Géographie des mers et des océans, Presses Universitaires de Rennes, collectif, 2014




– Zeraq, la mer sur le vif, L'Elocoquent éditeur, collectif, 2011, prix Eric TABARLY du meilleur livre de mer 2012 et prix Encre de Marine 2012

– Un éloge du vent, roman, l'Harmattan, 2010

L'encyclopédie des sous-marins français, tomes 1, 2 et 3, collectif, SPE Barthélémy, 2009, 2010, 2011
La possibilité d'une ville, institutionnel, SPE Barthélémy, 2009
La berloque tribord, roman, des Riaux ,2006
Objets inanimés..., nouvelles, des Riaux, 2005
L’œil des maîtres, livre d'art préfacé par Jean-François DENIAU, des Riaux, 2004
L'inévitable destin social de l'internet, essai, des Riaux, 2004

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Membre de la Société de Géographie, de la Société des Explorateurs français,  et du Yacht Club de France. 
Chevalier du Mérite maritime.
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Activités Extra-Professionnelles
Sport :
- Voile (championnat de France Requin 1979, 1980),
- Basket (champion de France militaire 1981),
- Tennis.
Activités associatives :
- Membre de l'association AEN (anciens de l'École navale),
- Créateur de l'association Les Frères Jacques (fondée par les descendants pour la protection du patrimoine culturel et artistique).

samedi 12 novembre 2011

Mon 10ème livre !


Après des semaines de travail, voici ma dixième parution.

Sentinelle des mers, un regard sur la Marine nationale au XXIe siècle, est un ouvrage écrit en trio avec l'amiral Emmanuel Desclèves, l'un de mes anciens instructeurs de l'École navale, et le capitaine de vaisseau Benoît Lugan, un de mes meilleurs amis. Les photographies sont en majeure partie signées Alain Zimeray, un homme généreux, talentueux, dont j'aime les clichés et l'œil porté sur le monde maritime qu'il découvre. D'autres contributeurs complètent l'iconographie : Michel Babkine, l'astronome, Denis Le Gall, le malouin, et le Sirpa/Marine dont le fonds nous a permis de compenser les difficultés de la période. Eh oui, en temps de guerre, il est plus complexe d'embarquer sur des bâtiments de la Marine nationale. Et puis surtout, la préface est signée Didier Decoin, président des Écrivains de Marine, membre du Goncourt, qui nous fait l'honneur d'un texte d'une grande richesse.

L'idée directrice de ce livre est de proposer au public, le plus large possible, une vision de notre Marine nationale aujourd'hui. Mon projet était de composer un livre différent, sortant des sentiers battus, s'extrayant du bleu et du gris pour aller vers une mosaïque de couleurs, à l'image de la mosaïque des gens de la Marine. D'ailleurs, un autre fil directeur fut de placer le marin au centre de cet ouvrage, et de ne pas refaire un "Flottes de combat" ou une annexe de Cols Bleus. Dernier point, je voulais un livre lisible de toutes les manières, et qu'en l'ouvrant, le lecteur comprenne tout de suite où il se trouve et ce qu'il lit, ou regarde. Car les grandes photos permettent de feuilleter et savourer des vues traditionnelles ou étonnantes, connues ou pas, toujours dans un souci graphique.

Grâce à Marine Éditions, l'éditeur du groupe Ouest France, je crois que nous sommes parvenus à nos objectifs. Comme toujours, un travail de cette envergure et son cortège d'intervenants conduisent à des situations tendues, où l'incompréhension s'ajoute à la pression des échéances trop proches. Mais, même si parfois j'ai imposé mes vues avec peu de latitude pour la concertation, toute l'équipe a vécu une aventure importante. Même Karine Delanis, notre graphiste, bien sûr "charrette" comme il se doit, a joué le jeu, a compris mes attentes et m'a étonné par des audaces inattendues.

Ce beau livre est en vente à partir du 14 novembre, dans toutes les bonnes librairies.

Dans un prochain post, je vous donnerai le programme des signatures. Il y en aura pour tout le monde !

A bientôt !

dimanche 17 avril 2011

Me revoilou !




Chers amis, bonjour.

Après quelques semaines d'une absence involontaire, mais résultant d'occupations multiples, je reviens pour vous présenter mon nouvel opus.

Zeraq, dont la belle couverture illustre ce billet, vient de sortir. A vrai dire, je ne suis pas le seul à avoir commis. Nous sommes une bande de marins, de gens de mer, réunis pour un exercice singulier : donner pour un même ouvrage un récit de mer en une vingtaine de pages. De plus, la ligne éditoriale de l'éditeur, L'élocoquent, intègre pour chaque auteur une illustration de ses lignes. Vous ne serez pas étonnés d'apprendre que Caroline K s'est chargée de la mienne.

Nous sommes donc une quinzaine de marins qui content. D'Eugène Riguidel à Joseph Hardouin, d'Anne Liardet à Olivier Lajous, de Guy Morandeau à Louis Cozan, sans oublier Jean-Marie Chourgnoz, Stéphane Dugast ou Hubert de Gévigney, toutes les marines sont représentées. Même Jean-François Tallec, secrétaire général de la mer, assure la postface (et je n'y suis pour rien !).

Vraiment, il s'agit d'un beau livre. D'abord, la qualité de l'édition se révèle unique. Jugez plutôt : un papier velouté, sur lequel les presses laissent une empreinte que le doigt redécouvre lorsque le livre est en main. Oui, des presses, vous avez bien lu. Car ce bouquin est imprimé selon les règles du vieil art de l'impression, avec une composition manuelle par un typographe, et un brochage traditionnel. Pas de numérique, que de l'artisanat pur. Ensuite, le contenu est tantôt captivant, émouvant, instructif ou poétique. Pour être franc, je me régale avec les récits de mes collègues, qui écrivent avec leurs tripes, avec leur coeur et leur passion de la mer.

Alors, si le 4 mai vous êtes libre, venez rencontrer cette bande de voyous, d'auteurs d'un bon coup, à la librairie L'écume des pages, à partir de 19 heures. Cet établissement, qui jouxte le café de Flore, reste ouvert jusqu'à minuit.

Voilà une belle escale pour un mercredi soir à Paname !

dimanche 24 octobre 2010

Sauvons les grévistes...



Alors là, le sommet est atteint. Celui de la connerie et de l'indécence...

Samedi matin, la préparation de quelque fête de famille m'amène à faire les courses rituelles à Guy Môquet, où certaines échoppes présentent une qualité de marchandise que certains beaux quartiers de Paris feraient bien d'imiter. Mais là n'est pas mon propos.

En sortant d'une belle boucherie (pas à cause d'une bagarre...), nous sommes alpagués par un mendiant qui tend sa moque métallique pour quelques piécettes. Un de plus. Mais non, car le quidam clame bien haut : "solidarité des grévistes !". Les bras m'en tombent, avec les paquets qui y sont accrochés. Ainsi, un clampin de la CGT, car en y regardant bien il arbore toutes ses "décorations", est là pour faire l'aumône de manière que les grévistes qui se donnent du mal sur le terrain puissent être dédommagés de leur engagement citoyen. Je dis stop !

Non seulement ces emmerdeurs nous plombent des journées avec manifestations, opérations escargots et autres blocages de raffineries, sans parler des métro et des trains qui font jouer l'usager à une roulette perdue d'avance, mais en plus ils viennent le week end nous soutirer une pièce pour les aider à affronter le manque-à-gagner de leurs journées d'action. Mais au lieu de se regarder le nombril et d'essayer d'attendrir le citoyen, ont-ils une idée de la situation dans laquelle ils mettent le pays en agissant de manière égocentrique ? Ils sont une minorité, car même si quatre millions de personnes font grève, en voyant large, ils ne représentent que 10% des travailleurs français. Nous nous laissons donc pourrir la vie par une poignée de glandeurs professionnels, soutenus par une presse de pompiers pyromanes qui attisent les braises pour en faire un brasier. Combien de temps allons-nous encore supporter cette main-mise syndicale sur l'économie de notre pays ? A-t-on réellement les moyens de se permettre un tel comportement, irresponsable et contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, totalement anti national ?

Le meilleur est toujours à venir. Samedi soir, Besancenot, futur patron du PS, se glorifiait d'une grande réussite puisque 6 000 euros avaient été récoltés lors de cette quête... 6 000 euros, pour soi-disant des centaines de milliers de manifestants. Mais de qui se moque-t-il ? De qui cette presse se fout-elle en relayant des informations aussi minables ? Admettons qu'il manque un zéro, même 60 000 euros ne pourraient subvenir aux besoins des ces batteurs de pavé. Tout cela est quand même pathétique.

Ne nous trompons pas sur ce que j'écris. Le droit à la contestation, oui. La grève, oui, en dernier recours et pour une véritable cause (ah, j'en vois qui réagissent : la retraite est une vraie cause, mais ce n'est pas le sujet de ce billet). Mais le bordel organisé par des hypocrites (car des discussions, il y en a eu, des rencontres et des échanges, il y en a eu) et la recherche de la paralysie du pays, NON !

Enfin, la question qui se pose porte sur le fonctionnement de l'autorité de l'État. Comment une telle situation peut-elle encore s'installer en France, et pourquoi nos dirigeants, et je ne parle pas des politiques mais des grands directeurs de nos administrations, ne peuvent-ils anticiper ces dérives ? J'ai bien une réponse, mais...

Qu'on se le dise !





mercredi 13 octobre 2010

Cette vieille jeunesse...



C'est quand même curieux que les extrêmes soient à ce point érigés comme des standards. Je m'explique.

Une récente publicité dérangeante a couvert de ses visuels repoussants les espaces publicitaires (trop nombreux) de nos villes. On y voyait quelques vieux déguisés en jeunes, avec une accroche, une supplique, un souhait malsain appelant à ne pas vieillir trop vite... Et alors quoi ? Vieillir est une tare ? Faut-il rester dans les canons d'une jeunesse étouffée par les apparences pour exister dans notre société en perte de repères ? Faut-il s'habiller comme nos enfants pour avoir encore le droit de se mouvoir dans nos cités formatées par les magasins de fringues ? Rester jeune, voilà donc le salut pour ces vieux qui communiquent sur facebook à partir de leur iPod ... Si t'es vieux, sois au moins invisible, cache-toi et fais pas chier... En tout cas, je ne mets plus les pieds chez Virgin qui ne veut pas de moi, quinqua sénile et ventripotent, engoncé dans des costards bon marché, qui ne sait ni surfer ni se bousiller les tympans avec des écouteurs accrochés aux lobes.

De l'autre bord, le débat sur les retraites éveille le dynamisme de notre jeunesse mature et responsable... Aujourd'hui, j'ai remonté le cortège de la manifestation qui s'étirait mollement de Montparnasse à Bastille. Je déjeunais à Maubert, et pour rentrer à mon bureau de vieux du boulevard Raspail, je suis allé à contre-courant, comme un saumon qui lutte contre le flux irréversible du fleuve. Pendant que la tête du lombric géant glissant sur le pavé se trouvait à la Mutualité, je pus constater en traversant la rue de Rennes que les derniers étaient encore au niveau de Montparnasse. Il y avait vraiment du monde. Mais ce peuple qui pense pouvoir inverser le cours des choses en battant la chaussée était composé pour les deux tiers d'étudiants, de lycéens, de jeunes godelureaux inconscients. Au cri de "Sarkozy t'es foutu, la jeunesse est dans la rue !", ils se donnaient des airs d'héritiers sans mérite de leurs parents, voire leurs grands-parents, qui cherchaient une plage sous les pavés en mai 1968. Quelle dérision... Qui sont ces jeunes de la génération zapping qui se projettent cinquante ans plus tard ?... Qui sont ces pauvres bougres qui écoutent le chant des sirènes d'une contestation infondée ? Qu'ils s'inquiètent plutôt de leurs études et se projettent sur leur futur métier, qu'ils ont déjà bien du mal à visualiser ou à choisir, au lieu de croire que leur branlette simili-politique va leur garantir un avenir. Ils ne savent déjà pas ce que c'est que travailler et on leur rebat les oreilles avec un disours sur la retraite... Que les hypocrites syndicaux et politiques qui les envoient jouer aux grands cessent de mettre en avant ces gamins pubères pour défendre des positions qui ne concernent qu'eux.

Alors d'un côté, il ne faut pas vieillir, et de l'autre on envoie les jeunes au casse-pipe pour défendre les vieux... Ben moi je suis un vieux jeune qui espère bien pouvoir être productif le plus longtemps possible, au service de mon pays, et un jour pour le plus grand plaisir de mon éditeur !

Qu'on se le dise !





dimanche 30 mai 2010

Terminé barre et machines




Voilà. Le porte-hélicoptères Jeanne d'Arc, bâtiment de la Marine nationale, a mis bas les feux et arrêté les moteurs de barre pour la dernière fois. A 46 ans, elle rend ses derniers soupirs.

Pourtant, elle est encore vaillante, cette vieille baille. Avant d'arriver, elle a mis les machines sur le pont, montant à plus de 30 noeuds sur le fond, c'est-a-dire près de 60 km/h. Pour un engin de quelques milliers de tonnes, faut l'faire à son âge comme dirait le patron d'une maison de retraite. Ce fut, paraît-il, un moment exceptionnel, ce qu'on croit aisément. Le pacha, que j'ai connu élève lorsque j'étais chef de cabinet de l'amiral commandant l'Ecole navale (hé oui, ça passe...), me disait qu'il n'avait jamais descendu la Manche aussi vite. Et lors de la ribote de jeudi, il fallait voir le visage rayonnant du chef machines, le fameux Eagle 334. Il jubilait, heureux et manifestement comblé du sentiment du travail accompli. Le chef d'Etat-major soulignait pour sa part que la tenue extérieure de la machine était exemplaire et que l'âge n'avait pas d'emprise sur la qualité de l'entretien des locaux.

Mais surtout, le fier vaisseau n'a pas pris une ride. Jeudi soir, pendant le cocktail, j'ai pris le temps de m'y promener. Les coursives sont les mêmes qu'il y a 29 ans (hé oui, ça passe...), dans le jus, avec les odeurs, les bruits de fond, les perspectives et les repères visuels de tous ordres. Je me revis, l'espace de quelques secondes, dans ces longs passages, me collant parfois aux cloisons dans des coups de roulis plus marqués, gagnant le carré pour déjeuner dans l'ambiance sonore faite des appels de la diffusion générale. Je revis Albert Grimaldi, jeune élève, s'entretenant avec un officier-marinier devant le BSI (bureau du service intérieur), je revis les copains sirotant un gin-cointreau au bar OE (officiers-élèves) la veille de l'escale, je revis de la passerelle ces quarts de nuit où tout se construit, je revis le pont d'envol avec ses mouvements d'avions et ses cocktails improbables... Je revis aussi mon poste, cet endroit multitâches où le réveil fait place au cours du matin, où douze gamins poursuivent leur formation sous la houlette d'une officier subalterne expérimenté, où les coups de spleen font place aux blagues de potaches... Et puis je revis la salle de conférence, cette salle modulable, sorte d'amphi embarqué, où les cours magistraux à la mer étaient ponctués à l'escale par le discours d'accueil de l'ambassadeur. Je ne pus m'empêcher de me glisser une dernière fois dans le fond, un peu dans la pénombre de ce jeudi soir, pour laisser remonter ces instants où finalement nous étions tous réunis pour recevoir un seul et même message.

Il me vint alors la réflexion que ce bateau était bien plus qu'un vieux tas de ferraille à bout de souffle. Cette coque qui a connu toutes les mers du monde, et qui pour sa dernière traversée s'est offert le cap Horn et les chenaux de Patagonie, était avant tout le seul bateau de la Marine nationale sur lequel tous les officiers de cette institution ont embarqué pour parfaire leur formation. La Jeanne, c'est notre bateau à tous. Depuis 46 ans, tous les bordaches, tous les officiers de l'école militaire de la Flotte, tous les commissaires de Marine, tous les administrateurs des Affaires maritimes, tous les médecins de Marine dont les navalais, des ingénieurs de l'armement, de nombreux officiers étrangers, tous les grands chefs de notre Marine ont vécu environ une année sur ce bateau. Il est notre point de départ commun pour une carrière maritime. Il est notre référence commune, notre souvenir commun, le bateau nourricier des bases mutuelles. C'est ce qui en fait son caractère unique, c'est ce qui fait que nous en sommes tous son âme.

La remise de la flamme de guerre, avant le cocktail, fut un joli moment, une cérémonie innovante qui donna à cette soirée une solennité et une émotion méritées. Dans cette pièce de tissu qui n'en finit pas, dans ces 70 mètres d'étamine, plus de 5000 élèves, avec les équipages qui les ont accompagnés, tissent cette aventure gravée à jamais dans le coeur de chacun. Mais rien n'est fini.

Adieu la Jeanne. Tu vas rejoindre dans les mémoires et les récits le Borda, l'Iphigénie et ton illustre prédecesseur avec ses quatre cheminées. Ton descendant, le Dixmude, n'est pas encore à flots. Mais tout comme toi qui fut la Résolue, peut-être que le Dixmude reprendra ton fameux nom et portera de nouveau sur toutes les mers du globe les lettres blanches de Jeanne d'Arc.

(photo : Caroline K)

vendredi 29 janvier 2010

La mer n'est jamais loin...


...dans ce que j'écris.

Mon dernier roman, tout juste sorti. Il est disponible sur le site de l'Harmattan, ou dans toute librairie.

Voici le résumé qui figure au dos :

Entre le ciel et l'océan, deux hommes se rencontrent.

Paul habite en solitaire une petite maison au bord de mer. Louis vient se ressourcer dans une anse voisine. Leur occupation commune consiste à profiter de leurs points de vue sur la vie, et à converser sur divers sujets. Paul, vieux sage calme et posé, tente d'ouvrir les yeux de son interlocuteur, auteur comprimé par la ville et ses habitudes égocentriques. Louis a connu le succès littéraire et vient chercher dans la solitude littorale de nouveaux leviers afin de poursuivre ses travaux d'écriture.

Leurs échanges les conduisent sans attendre sur le chemin de l'amitié, construite au fil de leurs moments improbables au cours desquels Louis se débarrasse d'une carapace encombrante. Lorsque Paul sent que son compagnon quotidien est prêt à l'entendre, il lui livre un secret pesant.

Louis, pour sa part, se trouve transformé par cette semaine riche et puissante où un homme inconnu lui a transmis une forme de grâce. Dans le vent d'un soir, se matérialise leur amitié dont Louis devient le gardien éternel.


Bonne lecture.